Art is divine

Singulier Pluriel

Micha Christos

PARIS

9 octobre 2019 – 27 janvier 2020

Grand Palais

 

TOULOUSE LAUTREC

Résolument Moderne

Henri de Toulouse-Lautrec

Yvette Guilbert chantant Linger, Longer, Loo

1894

peinture à l’essence sur papier marouflé sur toile

58 x 44 cm

Moscou, Musée d’Etat des beaux-arts Pouchkine

© Musée d’Etat des beaux-arts Pouchkine,Moscou

Henri de Toulouse-Lautrec

La Danse au Moulin Rouge, dit aussi La Goulue

et Valentin le désossé, panneau pour la baraque de la Goulue, à la Foire du Trône à Paris

(panneau de gauche)

1895

huile sur toile

298 x 316 cm

Paris, musée d’Orsay

© Rmn-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Henri de Toulouse-Lautrec

Femme qui tire son bas

1894

huile sur carton

68 x 43 cm

Albi, Musée Toulouse-Lautrec

© Musée Toulouse-Lautrec, Albi, France


Henri de Toulouse-Lautrec

Rousse (La Toilette)

1889

huile sur carton

67 x 54 cm

Paris, Musée d’Orsay

© Rmn-Grand Palais (musée d’Orsay) / HervéLewandowski

La vision courante de Toulouse Lautrec (1864-1901) se résume souvent à son mépris pour les valeurs de sa classe et à sa vision des nuits parisiennes et des prostituées.

 

Cette exposition, qui réunit environ 200 œuvres, vise à montrer l’artiste dans son intense liberté de poète moderne en son regard unique et sa verve satirique.

 

Toulouse Lautrec était à la fois un héritier et un rebelle qui savait rendre dans toute son intensité la vie au présent sans la juger. 

Complice et observateur, il se rallie à une ligne très française du réalisme expressif dans sa drôlerie aussi brusque que directe qui se distingue de la caricature grossière et humiliante. Il traduit son monde avec force et férocité dans les brumes de sa mansuétude et de sa tendresse. 

 

Lautrec ne s’est jamais érigé en accusateur des nantis impurs. 

Par sa naissance, sa formation et ses choix de vie, il se pose en interprète pugnace et cocasse, terriblement humain. Il rejoint en ce sens Daumier et Baudelaire et l’exposition révèle au public d’aujourd’hui cet aspect de son œuvre trop souvent négligé.Singulier, moderne, il s’associa plus qu’aucun artiste du XIXème siècle à la photographie dont il s’appropria avec talent les effets dans la recherche du mouvement.


Henri de Toulouse-Lautrec

Portrait de Vincent Van Gogh

1887

craie colorée sur carton

57 x 46 cm

Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent vanGogh Foundation

Henri de Toulouse-Lautrec

Clownesse Cha-U-Kao

1895

huile sur carton

58 x 43 cm

Paris, musée d’Orsay

© Rmn-Grand Palais (musée d’Orsay) / Franck Raux Apothéose


L’archive photographique de Lautrec rejoint les pratiques du jeu aristocratique sur les apparences et les identités échangées à plaisir, preuve que vie et peinture n’ont pas à se plier aux limites ordinaires, ni à celles de l’avant-garde, ce que résume Thadée Natanson par « Tout l’enchante ».

Souvent réduit à l’état de chroniqueur et de contemplateur de la « culture de Montmartre», Toulouse Lautrec se voit limité à une approche sociologique de son époque. Pourtant, si l’on en croit sa correspondance avec Manet, Degas et Forain, ses ambitions esthétiques vont bien au-delà du naturalisme puissant. 

Son style est empreint d’une poésie incisive et caustique. 

Tout au long de sa carrière, il ne se départit pas de cette composante narrative et de ce désir puissant de représenter le temps, de le déployer en sa durée au lieu d’en figer l’élan sur la toile.

Galvanisé par cette énergie électrique du monde des danseuses et des inventions modernes, Lautrec a transcrit l’espace-temps en images.Son choix délibéré de grands formats lui a permis d’explorer l’histoire de cette société moderne aux multiples visages sans souci de bienséance.Les maisons closes ont été pour lui l’occasion de rencontrer les femmes au cœur d’un paradoxe d’indépendance et d’autorité unique face à leur condition marginale d’esclaves des vices masculins. 

Il célèbre comme Baudelaire leur rôle de prêtresses du plaisir et d’aristocrates de la luxure. Insatiable viveur, Lautrec a su rendre palpable ces éclairages modernes à travers l’électricité du cancan et cette fièvre endiablée d’une foule livrée à ses excès.

Cette folie de vitesse pré futuriste fait vibrer son œuvre au galop du cheval, dans le chahut des cabarets et au rythme des automobiles. Pourtant, même les machines ne parviennent pas à déshumaniser sa peinture et ses estampes demeurent à jamais de vivantes incarnations.

A travers la fragmentation subjective de ses images, 

Toulouse Lautrec a montré sa volonté

de hisser la vie moderne 

vers ses nouveaux mythes.

L’exposition révèle l’essence de ce précurseur 

du XXème siècle en son tourbillon d’images, offrant 

à Toulouse Lautrec  un espace de parfaite liberté. 

Henri de Toulouse-Lautrec

Conquête de passage (Etude pour Elles) 1896

craie bleue et noire, et huile sur papier, marouflé

sur toile; éclaboussures avec un matériau de

couleur sombre en bas à droite 105,5 x 67,5 cm

Toulouse, musée des Augustins

© Photo Daniel Martin


Henri de Toulouse-Lautrec

Paul Viaud en tenue d’Amiral du 18ème siècle

(L’Amiral Viaud)

1901 - huile sur toile

140,2 x 155,5 cm

São Paulo, Musée d’art de Sao Paulo assis Chateaubriand

© Museu de arte de Sao Paulo / Photo João Musa

Henri de Toulouse-Lautrec

Messaline descend l’escalier bordé de figurants

(L’opéra Messaline à Bordeaux)

1900-1901

huile sur toile

100 x 73 cm

Los Angeles, County Museum of Art, LACMA

© Museum Associates/ LACMA


Henri de Toulouse-Lautrec

Au cirque Fernando : Ecuyère

1887-1888

huile sur toile

103,2 x 161,3 cm

Chicago, The Art Institute of Chicago

© The Art Institute of Chicago