Art is divine

Crépuscule Infini

Micha Christos

MUSEE D’ORSAY

Paris

Jusqu’au 10 janvier 2021

 

SPILLIAERT

LUMIERE ET SOLITUDE

Léon Spilliaert (1881 - 1946)

Autoportrait - 1907

Lavis d’encre de Chine, pinceau, crayon de couleur et aquarelle sur papier - 52,7 x 37,8 cm

Etats-Unis, New-York (NY), The Metropolitan Museum of Art

© The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA

Léon Spilliaert (1881 - 1946)

Plage à marée basse - 1909

Lavis d’encre de Chine, pinceau, aquarelle et crayon de couleur sur papier - 65,1 x 48,6 cm

Collection Privée © droits réservés

Première en France depuis près de 40 ans, l’exposition « Lumière et solitude » se concentre sur les œuvres les plus radicales et les plus intenses de Spilliaert de 1900 à 1919.

Cet homme des solitudes inquiétantes et des perspectives infinies a toujours dérouté par le côté inclassable de ses œuvres. 

Même si elles sont empreintes de l’influence du symbolisme fin de siècle, l’expressionnisme filtre au travers de ses visages hallucinés et le minimalisme se lit déjà dans l’épure de ses paysages.

Léon Spilliaert a marqué l’art belge en imprimant ses toiles à l’encre de ses tourments et de la mélancolie qui l’a hanté toute sa vie sous le ciel marin d’Ostende, ville qui marque à jamais son œuvre. 

Ses sombres vertiges se meuvent tels des spectres sur la toile, inspirés par la philosophie et la poésie de Nietzsche à Baudelaire, de Schopenhauer à Chateaubriand dont il se nourrit pour combler sa tristesse. Il souffrait d’un « caractère inquiet et fiévreux » amplifié par cette perception accrue de tout ce qui l’entoure et qui l’entraîne dans les méandres d’un gouffre sans fin, le laissant pantelant d’effroi. 

Insomniaque en raison de violents maux d’estomac, le jeune artiste s’est enfoncé dans la nuit au bord de la mer immense et sombre. La ville avec ses lumières telles des lucioles lui paraissait soudain ouvrir les portes d’un univers fantastique. 

L’amour le sauve avec la rencontre de Rachel Vergison en 1915, il l’épouse et met fin ainsi à son calvaire solitaire ainsi qu’à sa fiévreuse inspiration.

Une mise en abyme d’œuvres subtiles en leurs voiles d’encre dont la maîtrise toute en transparence donne à ces teintes l’effet d’un miroir de larmes opacifiées. Troublante rencontre avec la souffrance d’un être sur le fil du désespoir que seul l’art ranime de ses lueurs au crépuscule de son ennui.


Léon Spilliaert (1881 - 1946)

Clair de lune et lumières - Vers 1909

Lavis d’encre de Chine, pinceau, crayon de couleur et rehauts de pastel sur papier - 64 x 48,5 cm

Paris, musée d’Orsay - Don de Madeleine Spilliaert, 1981

© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Léon Spilliaert (1881 - 1946)

Brise-lames au poteau - 1909

Lavis d’encre de Chine, pinceau, fusain et crayon de couleur sur papier - 75 x 50 cm

Bruxelles, Belfius Art Collection - Belfius Art Collection

© Photo Frank Michta


Léon Spilliaert (1881 - 1946) - Femme au bord de l’eau -1910

Encre de Chine, pinceau, crayon de couleur et pastel sur papier - 47,1 x 60,2 cm

Collection privée Photo © Cedric Verhelst