Art is divine

Egon Schiele - Jean- Michel Basquiat

Génies Tragiques

Micha Christos

FONDATION

LOUIS VUITTON

PARIS

Du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019

Egon Schiele. 

Autoportrait au coqueret, 1912. 

Huile et gouache sur bois. 

32,2 x 39,8 cm. 

Leopold Museum, Vienne. 

Photo : © Leopold Museum, Vienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’occasion du centenaire de sa mort, la Fondation Louis Vuitton a choisi de présenter l’artiste autrichien Egon Schiele au côté de Jean-Michel Basquiat avec des œuvres qui proviennent en majorité de collections privées. 

 

Par delà les époques historiques et artistiques, ces deux artistes aux talents vertigineux ont de troublantes correspondances et de singulières ressemblances.

Jean-Michel Basquiat. 

Gold Griot, 1984. 

Acrylique et crayon gras sur bois. 

297,2 x 185,4 cm. 

The Broad Art Foundation

 © Estate of Jean-Michel Basquiat. 

Licensed by Artestar, New York. 

 Photo © Zindman/Fremont


Egon Schiele. 

Soleil d’automne (Tournesols), 1914. 

Huile sur toile. 100 x 120,5 cm. 

Collection particulière, Courtesy Eykyn Maclean. 

Photo : Courtesy of Eykyn Maclean

Egon Schiele (1890-1918) en Autriche et Jean-Michel Basquiat (1960-1988) artiste new-yorkais, ont tous deux eu une carrière fulgurante avec des disparitions très précoces.

 

A 28 ans, la grippe espagnole fauche Egon Schiele alors que c’est la drogue qui emporte Jean-Michel Basquiat à 27 ans. 

Leur carrière est marquée par une révolte intense contre un ordre soit-disant établi. Egon Schiele joue de l’érotisme de ses nus au réalisme cru face au conservatisme d’un empire austro-hongrois sur le déclin.

 

Il fait scandale en vivant en union libre avec sa compagne et modèle Wally Neuzil et ses dessins sont qualifiés d’immoraux. 

Egon Schiele. 

Autoportrait au gilet, debout, 1911. 

Gouache, aquarelle et crayon gras sur papier, monté sur carton. 

51,5 x 34,5 cm. Ernst Ploil, Vienne. 

Photo : Courtesy of Ernst Ploil, Vienne


Jean-Michel Basquiat. 

Dos Cabezas, 1982. 

Acrylique et crayon gras sur châssis en lattes de bois croisées. 

152,4 x 152,4 cm. 

Collection particulière 

© Estate of Jean-Michel Basquiat. 

Licensed by Artestar, New York. 

Photo : © Robert McKeever

Quant à Jean-Michel Basquiat, de père haïtien et de mère portoricaine, il met la figure noire au cœur de son œuvre. 

Artiste underground il met à l’honneur ses héros comme Charlie Parker et Cassius Clay. Il s’élève avec force et intensité contre le racisme et la violence qui en découle. 

Jean-Michel Basquiat. 

Horn Players, 1983. 

Acrylique et crayon gras sur trois panneaux-toiles montées sur supports de bois. 243,8 x 190,5 cm. 

The Broad Art Foundation 

© Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. 

Photo : Douglas M. Parker Studio, Los Angeles

Egon Schiele. 

Portrait du Dr. X, 1910. 

Crayon gras et aquarelle sur papier. 

39,7 x 29,2 cm. 

Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford, Connecticut, 

The Ella Gallup Sumner and Mary Catlin Sumner Collection Fund 

Photo : © Allen Phillips / Wadsworth Athemuseum


Précurseur du Street art dès l’âge de 16 ans, son langage artistique est né dans la rue. Sa peinture s’inspire aussi bien de la musique que des bandes dessinées et il ponctue ses œuvres de symboles et de mots. 

Au même âge, Egon Schiele entre à l’Académie des Beaux-arts de Vienne et se dégage très rapidement de l’influence de Gustav Klimt pour ne conserver que ses formes très particulières et frappantes par la douleur qui en émane. Son trait est violent, ses lignes anguleuses se tordent en un malaise déformant les corps à l’extrême. Il peint souvent des autoportraits comme Basquiat et on retrouve chez les deux rebelles cette même rage hautaine avec une énergie de défi monumentale. Tous deux ont flirté avec la mort comme si leur rendez-vous était une évidence. 

Chaque seconde devait être vécue comme la dernière, chaque œuvre devait jaillir avant qu’il ne soit trop tard.

En seulement à peine une dizaine d’années de carrière pour chacun, ils produisent des œuvres de façon compulsive. Egon Schiele a laissé près de 3000 œuvres sur papier et 300 peintures ; quant à Jean-Michel Basquiat, il quitte la scène après plus de 2000 dessins et un millier de peintures.

Jean-Michel Basquiat. 

Untitled, 1987. Acrylique, crayon gras, mine de plomb, feutre de couleurs et papiers collés sur toile. 228,6 x 272,4 cm. 

Collection John et Amy Phelan 

© Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. 

Photo : Courtesy of The Collection of John & Amy Phelan

Egon Schiele. Moa, 1911. 

Gouache, aquarelle et crayon sur papier. 

48 x 31 cm. 

Collection particulière, Londres. 

Photo : © Mathias Kessler, 2017

Jean-Michel Basquiat.

 Anthony Clark, 1985. 

Acrylique, crayon gras et collage papier sur bois. 

244 x 139 cm. 

Collection particulière, Londres 

© Estate of Jean-Michel Basquiat. 

Licensed by Artestar, New York.


Egon Schiele. Autoportrait, 1912. 

Aquarelle et graphite sur papier vergé japonais brun clair. 34,9 x 25,4 cm. 

National Gallery of Art, Washington. Don de Hildegard Bachert en mémoire d’Otto Kallir, 1997. 

Photo : Courtesy National Gallery of Art, Washington

Rien n’a pu arrêter la fougue créatrice de ces deux génies artistiques et surtout pas la matière. Ils varient tous deux techniques et supports. Schiele utilise gouache, crayon gras, aquarelle et dramatise jusqu’au simple papier d’emballage.

 

Basquiat peint sur des palissades ou des portes et il utilise les toiles en y superposant des collages de carton ou de papier.

 

Cette exposition permet de voir deux âmes en miroir, d’admirer la révolte de deux êtres tourmentés qui, au delà de leurs époques respectives, ont pu triompher de la mort en un art fascinant d’énergie vitale, un véritable cri à la vie.

Egon Schiele. 

Nu féminin bordé de blanc, 1911. 

Gouache et crayon sur papier. 44 x 28,5 cm. 

Collection Johan H. Andresen Photo : © Christian Øen


Jean-Michel Basquiat. 

Crowns (Peso Neto), 1981. 

Acrylique, crayon gras et collage sur toile. 

182,9 × 238,8 cm. 

Collection particulière 

© Estate of Jean-Michel Basquiat.

Licensed by Artestar, New York. 

Photo : © Marc Domage