Love is ALL

Soleil Rose

par Alessandra Cenna

MAD

MUSEE DES ARTS DECORATIFS

Paris

Du 6 juillet 2022 au 22 janvier 2023

 

SHOCKING! 

Les mondes surréalistes

d’ELSA SCHIAPARELLI

Horst P. Horst -Vogue Usa - 15 mars 1937 

George Platt Lynes - Salvador Dalí -1939 Photographie 

© Estate de George Platt Lynes 

Faisant suite à sa rétrospective de 2004, le Musée d’Arts décoratifs à Paris met à nouveau à l’honneur Elsa Schiaparelli, la célèbre couturière italienne et sa fantaisie novatrice, son goût du spectacle et sa modernité.

Plus de 520 œuvres, dont 272 costumes et accessoires, flacons de parfum, bijoux, affiches, dessins et photographies retracent le parcours de cette femme libre qui savait oser en collaborant en tant que muse et amie avec des artistes comme Cocteau, Dali, Man Ray et Elsa Triolet.

L’exposition souligne la force de son style auquel de grands noms de la couture ont rendu hommage en s’inspirant ouvertement de ses silhouettes iconiques comme Yves Saint Laurent et Azzedine Alaïa, John Galliano et Christian Lacroix. 

Issue d’une importante famille de l’aristocratie italienne et élevée dans un milieu humaniste, Elsa Schiaparelli  (1890-1973) passe quelques années à Londres, Nice et New York, pour suivre son mari qu’elle quittera rapidement, elle s’installe définitivement à Paris.

La plus «Parisienne des Italiennes» fait alors la connaissance de Paul Poiret qui devient son mentor.

En 1927, sa première collection de bonnets tricotés et de sweaters ornés de nœuds et de cravates en trompe d’œil lui apporte la notoriété. Véritable pionnière du sportswear, elle dessine pour la ville comme pour les loisirs, ayant vite compris que les années 20 avaient rendu la plage incontournable pour les classes aisées adeptes des sports chics.

En 1931, sa jupe culotte fait scandale en Angleterre et choque les mentalités de l’époque.


Elsa Schiaparelli. Détail de la Cape Phoebus. Hiver 1937-1938. Laine, soie et broderie. Musée des Arts décoratifs © Valérie Belin

Jean Clément Collier -1938 - Metal doré monté sur tissu -Musée des Arts décoratifs 

© Les Arts décoratifs / Jean Tholance © Adagp Paris 2022


 

 

 

Elle rend tour à tour hommage à l’antiquité avec « La Collection Païenne » puis aux papillons, à la musique et au cirque avec des broderies d’acrobates et d’animaux.

 

De sa complicité provocatrice avec Salvador Dalí naissent sa robe du soir homard, son chapeau talon aiguille et son poudrier cadran de téléphone. 

 

En 1935 elle quitte l’atelier de la rue de la Paix pour le 21 de la  Place Vendôme et confie l’aménagement et la décoration de son nouveau lieu à Michel Frank. 

 

Les femmes élégantes aiment son extravagance et son originalité à l’excentricité joyeuse. 

 

Elsa Schiaparelli imagine son célèbre rose « shocking » et s’amuse à jouer à placer une écharpe en un décolleté vertigineux ou à laisser à nu le pouce et l’index sur ses gants en y ajoutant du papier émeri et des allumettes.

 

La Maison Lesage brode selon sa fantaisie les œuvres de ses amis artistes comme Cocteau et ses poèmes.

 

Femme remarquée et remarquable, elle imagine des parfums à son image pleine d’humour « Soucis », « Salut » et « Schiap ».

En 1936, elle demande à Léonor Fini un flacon reprenant les courbes voluptueuses de Mae West pour son célèbre parfum « Shocking » qui sera suivi d’une ligne de cosmétiques.

Elsa Schiaparelli

en collaboration avec Salvador Dalí —

Robe du soir 1937 Soie

© Philadelphia Museum of Art


Marcel Vertès -Schiaparelli 21 Place Vendôme -

Collage et peinture sur panneau © Archives Schiaparelli 

 

 

 

 

 

 

 

En raison de problèmes financiers, elle est contrainte de fermer sa maison de couture en 1954 et se consacre à la rédaction de ses mémoires. 

 

Après son ultime soupir en 1973, ses dessins reviennent à l’Union Française des Arts du Costume afin de préserver son héritage artistique et le transmettre aux nouvelles générations. 

 

 

Son surnom de « Schiap » résume à lui seul son cocktail d’humour et de poésie, le style d’une femme

totalement avant-gardiste, 

merveilleusement libre dans sa créativité.

 

 

“ Shocking ! Les Mondes surréalistes d’ Elsa Schiaparelli “

Musée d’Arts décoratifs de Paris 

  www.madparis.fr 


Salvador Dalí- Poudrier téléphone -1935 Résine en metal 

© Archives Schiaparelli © Salvador Dalí Fundacio’ Gala-Salvador Dali /Adagp, Paris

Leonor Fini et Fernand Guéry-Colas - Flacon de Parfum Shocking 1937 Cristal et Verre 

© Archives Schiaparelli © Adagp, Paris 2022