Art is divine

Belles de Feu

Alessandra Cenna

MUSEE NATIONAL

JEAN-JACQUES HENNER

 

PARIS

Du 30 janvier au 20 mai 2019

 

ROUX !

DE JEAN-JACQUES HENNER

A SONIA RYKIEL

Jean-Jacques Henner

Hérodiade, vers 1887

Huile sur carton collé sur toile,

109 × 68,5 cm

© RMN-Grand Palais / Franck Raux

Jean-Jacques Henner

La Liseuse, 1883

Huile sur toile, 94 × 123 cm

Paris, musée d’Orsay, en dépôt au musée

national Jean-Jacques Henner

© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

 

 

 

 

Le Musée National Jean-Jacques Henner, en son très intime hôtel particulier parisien, présente une superbe exposition consacrée à la chevelure rousse et à sa symbolique dans l’art, la littérature et la culture. 

 

Une centaine d’œuvres, dont certaines inédites, retracent un voyage flamboyant à travers des peintures, des croquis, des affiches, des photographies et des jouets.

 

Ponctuée, accentuée, signalée, cette couleur rare est souvent associée à l’imaginaire et aux préjugés; elle a toujours suscité des réactions ambigües entre fascination et répulsion.

Mythique, la rousse est dépeinte comme femme fatale, séductrice aux charmes brûlants, sensuelle sanguine mais aussi comme une dangereuse créature, traîtresse sorcière dont la chevelure appelle les flammes du bûcher.

 

A travers l’histoire, les roux sont des maudits magnifiques et rebelles.

Jean-Jacques Henner

 Madeleine, vers 1885,

© RMN-Grand Palais / Franck Raux 


Jean-Jacques Henner

La Comtesse Kessler, vers 1886

Huile sur toile, 109 × 69,5 cm

© RMN-Grand Palais / Franck Raux

 

 

 

Le roux est glorifié par les artistes, Courbet, Degas, Renoir et les peintres préraphaélites ont souvent représenté des figures rousses dans leurs tableaux. 

 

Les écrivains comme Zola, Baudelaire, Maupassant ou Verlaine avec sa  « Princesse Rhoukine » ont écrit sur ses volutes de flammes qui paraient leurs héroïnes d’un halo de mystère vénéneux et hypnotique.

 

Cette teinte de soleil couchant a enflammé les pinceaux de Jean- Jacques Henner (1829-1905) jusqu’à en parer le front du Christ défunt.

 

Sa toile “Idylle” est son premier portrait d’une rousse dont la peau nue à la transparence laiteuse est magnifiée par l’oranger de sa coiffure.

 

Depuis cette première œuvre, Jean-Jacques Henner va faire de sa peinture un hymne à cette teinte envoûtante. 

 

Il peint ainsi les figures de la mythologie classique seulement parées de leurs longues mèches incendiaires en des poses languides et sensuelles. 

 

Etonnante mise en scène, le musée expose au côté de ces peintures académiques  des masques de Papouasie et de Nouvelle Guinée dont les crêtes rouges sont les fiers attributs du pouvoir.


Jean-Jacques Henner

La Vérité 1899 - 1902

© RMN-Grand Palais / Franck Raux

 

 

 

Impossible d’évoquer le roux sans penser à la sulfureuse Sonia Rykiel, tant elle a porté haut sa célèbre couleur en tant qu’icône de la mode.

 

Autre image de ce soleil rouge, la littérature enfantine avec ses héros de Poil de Carotte à Spirou en passant par Tintin, Obélix et Peter Pan affiche des caractères enjoués, intrépides et indépendants, de véritables esprits libres au total anticonformisme.

 

Passion, fascination, crainte, le roux enflamme depuis des millénaires et embrase le ciel quand le soleil rougeoie, message d’éternité au-delà de toute tiède indifférence, porte flambeau de la différence…

 

 

 

ROUX ! 

DE JEAN JACQUES HENNER A SONIA RYKIEL 

Du 30 janvier au 20 mai 2019 

Musée National Jean-Jacques Henner Paris 

www.musee-henner.fr 

Auguste Renoir

Jeune femme à la rose,

entre 1918 et 1919

Huile sur toile, 41,5 × 33,5 cm

Paris, Petit Palais, musée des Beaux-

Arts de la Ville de Paris

© Petit Palais / Roger-Viollet


Jean-Jacques Henner

Figures féminines, entre 1872 et 1879

Huile sur carton, 30 × 29,5 cm

© RMN-Grand Palais / Tony Querrec