Art is divine

Peintre Argentique

Micha Christos

MUSEE DU LUXEMBOURG

Paris

Jusqu’au 17 janvier 2021

 

MAN RAY

ET LA MODE

Revue Harper’s Bazaar «Black silk taffeta by Alix», février 1937, p.54-55 Revue pages 54-55

© Galliera / Parisienne de Photographie © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020

Revue Harper’s Bazaar «Black silk taffeta by Alix», février 1937, p.54-55 Revue pages 54-55

© Galliera / Parisienne de Photographie © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020

Man Ray, de son vrai nom Emmanuel Radnitsky, est né à Philadelphie le 27 août 1890 mais il passe sa jeunesse à Brooklyn. 

 

Sa formation de la Modern School du Ferrer center à Manhattan puis à Harlem le libère très tôt des règles établies et lui permet de choisir l’innovation en tous domaines. Il considère la peinture, la photographie et le cinéma comme les outils de son expression personnelle et de son immense créativité, refusant d’en hiérarchiser les techniques, jouant de toutes, prisonnier d’aucunes. Acteur du dadaïsme à New York puis du surréalisme à Paris, ce fils de tailleur fascine dès 1921 le domaine de la mode par la modernité de son esthétique.

 

Dès son arrivée en France, son ami Marcel Duchamp l’introduit dans l’univers artistique de Montparnasse. Il fréquente Aragon, Breton, Eluard et Gala au Bal des Beaumont et au cabaret « Le Bœuf sur le Toit ». A cette époque, il tombe amoureux de la chanteuse française et modèle Kiki de Montparnasse. Sa rencontre avec Paul Poiret scelle sa passion pour la mode. Ses travaux originaux tant par leur technique que par l’humour et la poésie qu’ils dégagent présentent les modèles de Poiret, Chanel et Schiaparelli dans les pages de Vogue, Harper’s Bazaar et Vanity Fair. 

 

 

Pierre Rocher, l’agent de Marcel Duchamp, est un intime de Nicole Groult, sœur de Paul Poiret et amante de Marie Laurencin. Il prête l’argent à Man Ray pour ouvrir son studio de photographie et, en échange, il développe les photographies érotiques de tout ce petit cercle aussi créatif que libertin. 

 Sa renommée est de plus en plus grande et ses œuvres sont présentées à la première exposition surréaliste de la galerie Pierre à Paris en 1925 au côté de Pablo Picasso, Joan Miro, Jean Arp et Max Ernst. Les grands artistes de son temps, de Jean Cocteau à James Joyce en passant par Gertrude Stein posent devant son objectif.

Man Ray

La chevelure 1929 épreuve gélatino argentique, tirage tardif 28,7 x 19,5

Milan, Fondazione Marconi

© collection particulière, courtesy Fondazione Marconi

© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020


Man Ray

Robe de petit soir en crêpe noir imprimé, Elsa Schiaparelli,

collection février 1936 n°104. Publié dans Harper’s Bazaar, mars 1936, p.72d.

1936 épreuve gélatino argentique 27.8 x 22 cm

Paris, Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris

© Galliera / Parisienne de Photographie © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020

Man Ray

Peggy Guggenheim dans une robe de Poiret 1924 épreuve contact gélatino argentique

10,8 x 8 cm Paris, Centre Pompidou, Musée national d’Art moderne/Centre de création industrielle, dation en 1994 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, dist. Rmn-Grand Palais / Guy Carrard © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020


Man Ray

Mains peintes par Pablo Picasso 1935

épreuve gélatino-argentique   8,3 x 11,1 cm

Paris, Centre Pompidou, Musée national d’Art moderne/ Centre de création industrielle, dation en 1994 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, dist. Rmn-Grand Palais / Guy Carrard

© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2020

En 1929, sa muse et assistante Lee Miller devient sa maîtresse. 

Leur relation amoureuse et créative leur permet de développer le potentiel esthétique de la solarisation. Meret Oppenheim pose pour lui en 1934 pour une série de nus qui demeure une de ses plus célèbres. Adrienne Fidelin, en 1936, devient sa muse sous le nom d’Ady Fidelin et cette nouvelle histoire d’amour se mêle étroitement à sa vie sociale et artistique dans le milieu si riche en talents du Montparnasse de l’époque. 

La mode et son univers seront pour lui une manne commerciale qui lui permettra de vivre confortablement pendant plus de dix-huit ans. Cependant, après la défaite de la France en 1940, Man Ray d’origine juive fuit l’Occupation et rejoint Lisbonne. 

Il s’embarque pour les Etats-Unis avec Salvador Dali et sa femme Gala ainsi que le cinéaste René Clair. Man Ray reste quelques jours à New York avant de rejoindre Hollywood où il rencontre sa deuxième femme Juliet. Il abandonne alors son envie de s’installer à Tahiti pour suivre les traces de Gauguin et se remet à peindre. Il choisit comme modèles des sculptures mathématiques qu’il avait photographiées à l’Institut Henri Poincaré et donne à chacune de ses toiles le titre d’une œuvre de Shakespeare. 

C’est en 1951 que Man Ray revient à Paris et devient, douze ans plus tard, satrape du Collège de Pataphysique. 

Mais l’époque glorieuse des années 30 baignée de fêtes et de paillettes est bien finie. C’est dans l’humidité obscure d’un ancien garage qu’il s’installe avec son épouse. 

 Son bouillonnant génie s’éteint le 18 novembre 1976 et sa tombe porte cet épitaphe « Unconcerned but not indifferent » - « Détaché mais pas indifférent ». 

 

Œil de la mode, insatiable inventeur et à jamais créateur, 

Man Ray demeure au panthéon de ce fabuleux Paris des années d’avant-guerre. 

Une exposition à l’élégance surréaliste

au Musée du Luxembourg.

Indémodable…