Love is ALL

Coup de coeur au théâtre

Jean Robert-Charrier

Photographe 

NICOLAS GUILLON

 

Par MICHA CHRISTOS


Jean Robert - Charrier et sa passion du théâtre c’est une histoire vécue dans l’urgence avec intensité en une succession de révélations toujours franches et rapides.

Tout commence avec une représentation de Laurent Terzieff et une nuit à en rêver lors d’un retour en son berceau de Touraine. Dès le matin, il annonce à sa mère qu’il abandonne le droit pour la comédie. C’est ainsi qu’à 19 ans il s’installe à Paris prêt à conquérir ce monde aussi visible qu’invisible derrière le grand rideau rouge.

Suivant les traces de son idole, il s’inscrit au cours Florent qui l’accepte immédiatement en deuxième année, mais le côté « starlette » le lasse vite. Il veut être un Terzieff pour toujours et non pas un jeune premier d’un jour.  Il passe alors par une autre école où un camarade lui propose le poste de déchireur de billets qu’il s’apprête à quitter au théâtre de la Porte Saint-Martin.

Il décroche ainsi ce premier fauteuil grâce à son physique avantageux et c’est la révélation. Il n’aura alors de cesse de devenir le chef d’orchestre de ce dédale magique de coulisses, de machineries, de loges qui vit et vibre au rythme des répétitions et des applaudissements en des décors toujours changeants.  

Les planches brûlent, il trace sa destinée en proposant à Jean-Claude Camus son projet de réforme de son théâtre privé. Il travaille d’arrache pied, prend des cours du soir, gestion, ressource humaine rien n’est laissé au hasard pour parvenir à réaliser son rêve.

Très rapidement il dirige avec l’énergie bouillante de sa jeunesse cette institution de la Porte Saint Martin, la plus grande scène de Paris.


Arlette


A  seulement 25 ans, il prend les rênes de ce bateau ivre qui le fait tanguer à cœur et à corps. Il l’investit jusqu’à en faire sa maison, créant autour de lui une équipe de proches, même très proches comme sa maman. A ses débuts, il reste dans la tradition du boulevard et écrit des pièces à succès dans le style des purs vaudevilles en rêvant de grandes œuvres.

 

Pour lui la Porte Saint-Martin doit produire une magie à sa démesure, le plus grand plateau de Paris est fait pour le grandiose, l’ambitieux et c’est ce défi fabuleux que Jean Robert - Charrier aime à relever à chaque instant.

Exalté par ce nouveau souffle artistique qu’il a su insuffler à son théâtre pour le faire grandir et rêver, il demeure délicieusement excité à l’idée du prochain défi que la vie viendra sûrement lui présenter.



L’avenir l’appelle, sans crainte, il n’a qu’une seule peur celle de l’ennui mais il sait qu’elle est incompatible avec son rythme effréné.

 

Sa plume lui murmure des histoires et viendra bientôt l’heure de les coucher sur le papier sous forme de nouvelles pièces mais aussi d’un livre pour raconter la sienne. Quant à la scène, pourquoi pas, du côté cour ou du côté jardin, son entrée peut se faire demain.

 

Pour aujourd’hui, car demain peut encore attendre brièvement, il dirige le Festival d’Anjou en solo, pense à racheter un petit théâtre et se voit bien avec Arlette, sa fidèle admiratrice à quatre pattes, jouer le gentleman d’une maison d’hôtes.

 

 

Le rideau n’est pas prêt de retomber, 

ni les applaudissements de s’étouffer 

face à cette énergie solaire et bien sûr théâtrale 

qui ne demande qu’à poursuivre 

les défis de ses envies.