Art is divine

Géométrie du silence

Micha Christos

SUISSE

Fondation Beyeler

 

26 Janvier - 17 Mai 2020

 

EDWARD HOPPER

Edward Hopper

Cape Ann Granite, 1928

Öl auf Leinwand, 73,5 x 102,3 cm

Privatsammlung

© Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zürich

Foto: Christie’s

Edward Hopper

Cape Cod Morning, 1950

Öl auf Leinwand, 86,7 x 102,3 cm

Smithsonian American Art Museum, Gift of the Sara Roby Foundation

© Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zürich

Foto: Smithsonian American Art Museum, Gene Young

Reconnu comme l’un des artistes les plus importants du 20ème siècle, Edward Hopper (1882-1967) est principalement connu pour ses peintures à l’huile de scènes de la vie urbaine datant des années 1920 à 1960. 

 

Ces images très populaires ont longtemps laissé dans l’ombre son approche du paysage américain.

 

Du 26 janvier au 17 mai 2020, la Fondation Beyeler présente une vaste exposition consacrée à ces peintures emblématiques du genre avec une sélection d’aquarelles et de dessins. 65 œuvres datant de 1909 à 1965 ont été ainsi rassemblées par la Fondation Beyeler en coopération avec le Whitney Museum of American Art de New York, le principal dépositaire mondial des œuvres de Hopper.

Né à Nyack, New York, Hopper commence sa carrière par une formation d’illustrateur avant d’étudier la peinture à la New York School of Art jusqu’en 1906. Féru de littérature allemande, française et russe, le jeune artiste trouve ses repères clés chez des peintres tels que Diego Velázquez, Francisco de Goya, Gustave Courbet et Édouard Manet.

 

Virtuose de l’ombre et de la lumière, Hopper aime particulièrement à travailler la peinture à l’huile qui lui offre une palette de couleurs dans toute son intensité et sa profondeur.

 

Son esthétique très personnelle a d’ailleurs fortement influencé la peinture bien sûr, mais aussi la culture populaire, la photographie et le cinéma. 


Edward Hopper

Gas, 1940

Öl auf Leinwand, 66,7 x 102,2 cm

The Museum of Modern Art, New York, Mrs. Simon Guggenheim Fund

© Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zürich

Foto: © 2019 Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence

Historiquement, le terme de paysage en peinture désigne une image de la nature car celle-ci est soumise à la force d’une évolution constante qui ne peut se fixer comme une image. Hopper arrive en ses œuvres à montrer l’influence subtile et multiforme de l’impact de l’homme sur son environnement. 

Ses paysages sont sans limites, ils semblent toujours infinis ne montrant qu’une partie précise d’un ensemble immense. 

 

Cette particularité inscrit Hopper dans une approche très moderne ouvrant une page historique de l’art. 

 

En ses toiles, tout semble se passer en dehors, les personnages regardent au-delà et ainsi obligent les spectateurs à compléter cette vision par leur propre sensation et leur imaginaire. 

 

Les peintures d’Hopper sont empreintes de mélancolie, de solitude avec un sentiment de nervosité et d’appréhension. 

Hopper montre l’intrusion parfois brutale de l’homme dans la nature par ses compositions clairement géométriques. 

Une route, une voie ferrée, ligne horizontale qui parcoure des étendues d’espace que l’humain essaye de maîtriser. 

L’Amérique peinte par Hopper montre le côté sombre du progrès, cette tristesse à la dérive d’un espace vaste, illimité et immensément populaire comme dans les films d’Hitchcock « North by Northwest » en 1959, de Wim Wenders dans « Paris, Texas » en 1984 ou « Dances with Wolves » de Kevin Costner en1990.

 

Hopper utilise la lumière du soleil de midi ou de la lueur du crépuscule pour écrire le scénario de chaque histoire en des ambiances lumineuses très spécifiques.

 

Fait marquant de cette très belle rétrospective, le cinéaste Wim Wenders a rendu un hommage personnel au peintre en produisant un court métrage 3D intitulé « Two or Three Things I Know about Hopper », projeté dans une salle dédiée. 

Wenders a voyagé à travers les États-Unis  à la recherche de « l’esprit de Hopper » pour montrer sur sa pellicule à quel point il lui est redevable pour toute l’influence qu’il a eue sur ses films. 

 

Poétique, troublant, cette ode au talent renforce l’émotion palpable de cette exposition à fleur de toiles.


Edward Hopper

Second Story Sunlight, 1960

Öl auf Leinwand, 102,1 x 127,3 cm

Whitney Museum of American Art, New York; Purchase, with funds from

the Friends of the Whitney Museum of American Art., Inv. N.: 60.54.

© Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zürich

Foto: © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art /

Licensed by Scala

Edward Hopper

Railroad Sunset, 1929

Öl auf Leinwand, 74,5 x 122,2 cm

Whitney Museum of American Art, New York; Josephine N. Hopper Bequest, Inv. N.: 70.1170.

© Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zürich

Foto: © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala