Art is divine

Etat Pur

Micha Christos

FONDATION CARTIER

pour l’Art Contemporain

 

CLAUDIA ANDUJAR

LA LUTTE YANOMAMI

Susi Korihana thëri au bain, pellicule infrarouge, Catrimani, Roraima, 1972-1974.

Maison collective entourée de feuilles de patate douce, pellicule

infrarouge, Catrimani, Roraima, 1976.

Maison collective proche de la mission catholique du rio Catrimani, Roraima, pellicule infrarouge, 1976.

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente  la plus grande exposition à ce jour consacrée au travail et au militantisme de Claudia Andujar. 

Depuis plus de cinquante ans, Claudia Andujar consacre sa vie à photographier et à protéger les Yanomami, l’un des plus grands groupes autochtones du Brésil.

Née à Neuchâtel en Suisse en 1931, elle a grandi en Transylvanie. 

Son père juif hongrois a été déporté à Dachau où il a été tué avec d’autres membres de sa famille. Sa mère s’est enfuie avec elle en Suisse avant d’immigrer aux Etats-Unis en 1946 puis au Brésil en 1955. 

C’est là qu’elle commence sa carrière de photojournaliste. En travaillant un article sur l’Amazonie, elle rencontre pour la première fois les Yanomami en 1971. Fascinée par la culture de ce peuple isolé, elle décide de se lancer dans une étude visuelle approfondie de leur quotidien. Soutenue par une bourse du Guggenheim, elle essaie de traduire par ses images la culture chamanique des Yanomami.

Elle invente et utilise de nombreuses techniques pour imprégner ses photographies d’une aura d’un autre monde et leur confère avec respect toute la magie de ce peuple qui se reconnaît en son travail. Grâce et dignité, pudeur et intimité, elle traduit avec force et douceur l’âme de cette communauté dans sa conception cosmologique de la nature et de l’univers.

Frappée en son enfance par le génocide européen, Claudia Andujar s’engage de tout son cœur à protéger les Yanomami menacés d’anéantissement par la déforestation et l’exploitation minière. 

Au début des années 80, elle fût frappée en voyant ses amis étiquetés pour être vaccinés, ce numéro lui rappelant l’horreur de la Shoa, même si, en raison des épidémies amenées par les non autochtones, ces vaccins étaient nécessaires pour leur survie. 

MARCADOS, 1981-1984.

Aracá, Amazonas/Surucucus, Roraima, 1983.


Unahi Opiki thëri, Roraima, 1974.

Mettant son projet artistique au service de la défense du peuple Yanomami et de sa patrie, elle utilise ses images pour sensibiliser et soutenir sa cause. 

Ses efforts ont permis de délimiter légalement le territoire Yanomami, mais il demeure toujours menacé par des exploitations illégales.

L’œuvre de Claudia Andujar est un puissant réquisitoire politique contre la violence perpétrée envers les Yanomami qui l’ont adoptée. 

 

Son travail d’une grande beauté est porteur de lumière 

dans la plus simple et touchante vérité des âmes 

qu’elle a accompagnées dans leur quotidien… 

un diamant brut, une splendeur innocente à préserver 

dans toute sa fragile authenticité.

Intérieur d’une maison collective proche du Catrimani, Roraima, 1974.

Catrimani, Roraima, 1972-1976.