Art is divine

Tendresse Picturale

Par Alessandra Cenna

PETIT PALAIS 

MUSEE DES BEAUX ARTS 

DE LA VILLE DE PARIS

jusqu’au 10 juillet 2022

 

« Albert Edelfelt 

- Lumières de Finlande »

Enfants au bord de l’eau (1884) ©Finnish National Gallery - Hannu Aaltonen 

Portrait de Louis Pasteur (1886)  © RMN Musée d’Orsay- Martine Beck Coppola 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec cette première rétrospective parisienne consacrée à Albert Edelfelt (1854 -1905) un des grands maîtres de la peinture de lumière, le Petit Palais continue la réhabilitation d’artistes des pays nordiques.

Cette centaine d’œuvres du peintre finlandais de la fin du XIXème siècle rayonne d’une densité lumineuse à l’image des célèbres yeux clairs de l’artiste.


Parisienne lisant (1880) ©Finnish National Gallery Hannu Aaltonen 

Ses premières toiles sont de compositions historiques qui le porteront successivement vers le pleinairisme, mouvement qui soutient l’étude de la lumière et l’observation de la nature en plein air. 

Malgré sa formation académique, Edelfelt a toujours été sensible aux tendances novatrices du milieu artistique de la capitale. 

«Le plus parisien des Finlandais et le plus finlandais des Parisiens“ résida à Paris de 1874 à 1889, avant de retourner dans sa terre natale. Portraitiste de talent, la notoriété vient le couronner en 1886 avec son portrait de Louis Pasteur dans son laboratoire, en pleine élaboration du vaccin contre la rage avec un mystérieux flacon à la main.

Le tableau sera accepté par le Salon et encensé par la critique. 

Son amitié avec Pasteur et ses portraits de vie parisienne l’amèneront à fréquenter les cercles mondains et intellectuels de la capitale. Cette notoriété lui attirera les commandes  princières de la famille impériale russe, pour le tsar Nicolas II et pour les enfants d’Alexandre III. Il peint les femmes élégantes dans leurs sphères publiques et privées. Ainsi, Aino Ackté, célèbre diva finlandaise devient une de ses égéries préférées. Dans son atelier de la plaine Monceau et dans l’intimité des riches résidences parisiennes il immortalise des scènes de vie familiale.

Meilleurs amis III Berta et Carpi 1883  

©Finnish National Gallery - Hannu Pakarinen 


La Reine Blanche ©Finnish National Gallery  - Hannu Aaltonen 

Paris est le tremplin de sa carrière internationale mais le lien avec sa terre natale restera indissoluble. 

En particulier avec le village de Haikko où, en 1883, il fait construire une maison-atelier. Il y retourne chaque été avant de s’y installer définitivement en 1889. Il y demeure jusqu’à sa mort en 1905.

En ce refuge intime, il vit entouré de sa mère, de ses sœurs, de son épouse et de sa vieille servante. Il représentera inlassablement ses chères figures familiales dans ses tableaux.

De même, ses œuvres sont emplies de cette vie rurale, de ses compatriotes marins et paysans. Il se nourrit de cette force de la nature finlandaise peuplée de lacs et de forêts. Il aime à reproduire cette neige silencieuse, ces maisons de bois et ces navires en une lumière crépusculaire. Son univers pictural est empreint d’une profonde tendresse tant pour les enfants que pour son modèle de prédilection, Virginie. Son pinceau est d’une grande douceur dès qu’il touche l’univers féminin et l’innocence des bambins jouant au bord de l’eau.

Grand patriote finlandais et voyageur, Edelfelt a su promouvoir son pays non seulement dans l’esthétisme de ses toiles mais aussi dans son ardeur à lutter pour préserver l’indépendance de la Finlande face à l’impérialisme russe. 

Son engagement politique, son amour inconditionnel pour sa patrie ont toujours été auréolés de cette grâce féminine et de la délicatesse des ses lumières. Virtuose de la couleur, Edelfelt a marqué de sa sensibilité une époque et un univers pictural finlandais sans frontières.


Les Jardins du Luxembourg (1889) ©Finnish National Gallery -Hannu Pakarinen