Art is divine

Botticelli - Printemps de la Renaissance -

par Micha Christos

MUSEE 

JACQUEMART-ANDRE

Paris

10 Septembre 2021 - 24 Janvier 2022

 

BOTTICELLI

Artiste et Designer

Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510) et atelier, Le Jugement de Pâris, vers 1482-1485,

 tempera sur bois,81 x 197 cm, Venise, 

Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, Venezia 

© Fondazione Giorgio Cini

Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), 

Portrait de jeune femme dit La Belle Simonetta, vers 1485, tempera

et huile sur bois de peuplier , 81,8 × 54 cm, Francfort-sur-le-Main, Städel Museum, CC BY-SA 4.0 Städel Museum,

Frankfurt am Main

 

 

 

 

 

Le musée Jacquemart-André célèbre le génie créatif de Sandro Botticelli (1445– 1510) et l’activité de son atelier, en exposant une quarantaine d’œuvres de ce grand artiste de Florence à l’époque des Médicis.

Botticelli est l’un des peintres les plus illustres de la Renaissance italienne malgré une certaine part de mystère qui entoure toujours sa vie et l’activité de son atelier laboratoire qui foisonnait d’idées et formait de nombreux artistes.

L’exposition montre Botticelli en tant que créateur mais aussi dans son rôle d’entrepreneur et de formateur.

La première section présente les œuvres de Sandro Botticelli encore sous l’influence de son maître Filippo Lippi (1406-1469) et de ses contemporains comme Andrea del Verrochio. Elève prodige, il acquiert très rapidement la maîtrise des couleurs et des volumes et confère à ses toutes premières « Vierge à l’enfant » une vision très personnelle, prélude à son style reconnaissable dans les teintes et les modelés.

Vers 1465, Botticelli ouvre son propre atelier au rez-de-chaussée de la villa paternelle alors située via Nuova d’Ognissanti, aujourd’hui rebaptisée via del Porcellana.

Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510) et atelier,

 Le Couronnement de la Vierge avec saint Juste de Volterra, le bienheureux Jacopo Guidi de Certaldo, saint Romuald, saint Clément et un moine camaldule, vers 1492, 

tempera et huile sur bois transféré sur toile, 269,2 x 175,3 cm,

Miami Beach, Collection of The Bass, 

Don de John & Johanna Bass © Photo by Zaire ArtLab


Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Vierge à l’Enfant avec le jeune saint Jean-Baptiste, vers 1505, tempera et huile sur toile, 134 x 92 cm,

Florence, Gallerie degli Uffizi (Palazzo Pitti, Galleria Palatina),

Photo : Gabinetto Fotografico delle Gallerie degli Uffizi

Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510),

Judith tenant la tête d’Holopherne, fin des années 1490, 

tempera sur bois, 36,5 x 20 cm, Amsterdam, Rijksmuseum, Legs de J.W.E. vom Rath,

Photo : Rijksmuseum, Amsterdam


Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), 

Portrait de Julien de Médicis, vers 1478–1480, 

tempera et huile sur bois, 59,5 × 39,3 cm,

Bergame, Accademia Carrara © Fondazione Accademia Carrara, Bergamo

 

 

L’effervescence artistique règne dans la Florence des Médicis. 

Les échanges de techniques entre les ateliers permettent à Botticelli de progresser dans tous les domaines donnant naissance en 1480 à sa célèbre « Madone au Livre ».

Dès 1469, il recueille le fils de son ancien maître Filippo Lippi (1457 – 1504) et Filippino prend rapidement une place de premier plan au sein de l’atelier de Botticelli, ainsi qu’en témoignent les œuvres qu’ils réalisent ensemble. Ils vont d’ailleurs entretenir ce dialogue artistique tout au long de leur carrière. 

Toutes les pièces provenant de l’atelier sont le fruit d’une collaboration active ce qui n’empêche pas le fait de les attribuer à Botticelli.

Botticelli porte intérêt à toutes les techniques de son temps et sa formation d’orfèvre lui permet d’exécuter des plans et des dessins qui sont ensuite reproduits en tapisseries, en broderies ou en marqueterie. L’image de Minerve, déesse de la sagesse, de la guerre et des arts, chère au Médicis, est ainsi déclinée par Botticelli sur de nombreux supports avec une inventivité sans cesse renouvelée.

Les Médicis apprécient le style unique de Botticelli qui réalise le portrait du jeune Julien de Médicis assassiné en 1478 ainsi que celui de sa maîtresse, la belle Simonetta, qui incarne la beauté absolue et dont Botticelli fera son éternelle Vénus. Il demandera même à être enterré à ses pieds car elle disparaîtra emportée par la maladie à seulement vingt-trois ans. Botticelli continuera à donner ses traits à la déesse de l’amour jusqu’à la fin de ses propres jours.


 

 

 

 

 

 

Pur emblème de la fin du Quattrocento, Vénus incarne la synthèse parfaite entre le mythe antique et la philosophie poétique des humanistes florentins.

Les demeures patriciennes de Florence aiment à se parer de nombreuses « belles femmes nues » de la main du peintre. 

L’atelier de Botticelli produit également des œuvres religieuses très importantes du retable, pala en italien au tondo, format circulaire très prisé à Florence.

Ces œuvres placées au dessus des autels dans les églises et les chapelles amenaient de nombreux nouveaux clients fascinés par le style reconnaissable du maître.

 

Véritable designer, Botticelli fait face à la multiplication des commandes. Il rationalise sa production et crée des livres de modèles et des cartons, des dessins préparatoires à échelle réelle, ce qui lui permet de déléguer l’exécution à ses assistants en se réservant la conception de ses œuvres.

Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Madone à l’Enfant dite Madone au livre, 

vers 1482-1483, tempera sur bois, 58 x 39,6 cm, Milan, 

Museo Poldi Pezzoli © Museo Poldi Pezzoli – fotodarte


Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Venus pudica, vers 1485-1490, 

huile sur toile, 158,1 x 68,5 cm,

Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie, 

Photo © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

 

 

 

 

 

 

 

 

A la fin des années 1480, le pouvoir des Médicis est ébranlé par l’audience croissante du moine Savonarole (1452 – 1498), dont les sermons apocalyptiques ont une violente incidence sur la population florentine. 

La question de l’adhésion de Botticelli au mouvement savonarolien fait toujours débat.Son esprit créatif réagit vivement aux visions prophétiques et à l’éloquence tourmentée du moine. 

À la fin du XVe siècle, son œuvre  traduit un réel questionnement esthétique donnant le jour à des formes plus tassées, plus pudiques mais conserve malgré tout sa douceur. 

Vieillissant, Botticelli ne peut contribuer autant aux créations de son atelier et, après avoir incarné un art résolument moderne, il tombe dans l’oubli avant d’être redécouvert au XIXème siècle pour ne plus jamais quitter le rang des étoiles éternelles des illustres artistes sur la scène internationale.

 

 

 

 

Botticelli a donné naissance à Vénus et au Printemps,

il demeure ainsi à jamais célèbre grâce aux attraits immortels 

de cette lumineuse et juvénile beauté.


Maître des bâtiments gothiques (Jacopo Foschi ?, actif à Florence vers 1485 – vers 1520) d’après Botticelli(vers 1445 – 1510), La Vierge du Magnificat, années 1490, tempera sur bois, 114,5 cm de diamètre, Montpellier

Méditerranée Métropole, Musée Fabre, dépôt du Musée du Louvre, 1979 

© Musée Fabre de Montpellier

Méditerranée Métropole / photographie Frédéric Jaulmes